|
Géolocalisation en mer : Téléphone
portable et VHF complémentaires - © Mer et Marine
- Francis Jacquot - 23/08/2019
Comment les
centres de secours en mer réussissent-ils à localiser
les appels de détresse, les navires perdus et ceux qui
ne donnent plus de nouvelle ? La VHF et le téléphone
portable sont deux alliés de poids dans la
géolocalisation. Parfois complémentaires, ils s’avèrent
indispensables à bord.
Le drame du jeune français Simon Gautier retrouvé mort après sa
chute d’une falaise en Italie a clairement relancé le
débat de la géolocalisation à partir d’un téléphone
portable. En mer, et dans la bande côtière couverte par
les antennes relais, les équipes des Cross (centres
régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage)
disposent d’une plateforme spécifique de localisation
des appels d’urgence. Si l’usager compose le 196, un
procédé à base d’algorithmes permet de trianguler
l’appel. Plus l’appel transite par différents émetteurs
relais, plus la pastille de localisation se fait précise
(restreinte). « Le procédé fonctionne parfaitement mais
s’avère insuffisant en cas d’un ou de deux relais
simplement activés », reconnaît Pascal Blin, responsable
des opérations au Cross Corsen.
Réquisition téléphonique express
Si le plaisancier est perdu ou s’il indique une position
approximative, ce premier niveau de triangulation peut
fournir un début d’indication géographique. Si
nécessaire, une réquisition téléphonique peut être
lancée auprès des opérateurs par le biais d’une
permanence 24 heures sur 24, capable de répondre en
moins de 30 minutes. Cette demande permet d’identifier
les pylônes qui ont pu être sollicités durant l’appel et
affiner dans la plupart des cas la zone de localisation.
Une deuxième méthode mise aux points dans le sud de la France et
améliorée par les pompiers morbihannais consiste à
envoyer un SMS au plaisancier qui, en activant un lien,
renvoie la position GPS du téléphone et donc du navire.
Ce procédé permet de dégager une position des plus
précises (moins de 30 m). À condition que le
destinataire soit en mesure et en état de répondre à ce
SMS.
Retour de la VHF
Aux côtés du téléphone portable aujourd’hui omniprésent en mer, la
bonne vieille radio VHF n’a pas dit son dernier mot.
Elle revient au goût du jour depuis qu’elle n’est plus
sujette au certificat obligatoire d’utilisation. Le
procédé de communication par VHF détient l’avantage
d’être capté par les autres navires qui peuvent, si les
Cross n’ont pas reçu et répondu à l’appel, relayer le
message de détresse par ricochet. Pour un appel VHF, la
localisation par goniomètres et triangulation est encore
possible avec une certaine marge d’erreur. La puissance
d’émission étant largement étendue sur le canal 16
(d’urgence) que sur les autres canaux, le système permet
aux Cross Corsen de recevoir plus de 20 % des alertes.
Mais comme le téléphone, la VHF n’a pas une portée infinie. La VHF
dépend de la hauteur de mât du navire, de la distance
des relais et de certains paramètres géographiques ou
physiques (phénomènes de propagation des ondes). À cause
de la portée aléatoire de la VHF, le téléphone portable
peut s’avérer plus que complémentaire. Surtout avec une
installation VHF exposée et sensible en tête de mât, qui
peut s’avérer parfaitement inopérante en cas de
chavirage et de démâtage.
Un article de la rédaction du Télégramme
|