Si tous les radio-écouteurs voulaient bien se donner la main...

C.L.M. Colbert
Le patrimoine maritime de la France


 Kikilohertz.

Pourquoi le Colbert est dans cette situation ?

   Le projet pour faire venir le croiseur Colbert comme bâtiment musée à Bordeaux, a été mené par des hommes très motivés, pour la conservation de notre patrimoine maritime. Une association composée d’hommes et de femmes, des officiers supérieurs en activités de la Marine Nationale et le maire de Bordeaux, le Président Jacques Chaban Delmas ont fait aboutir ce lourd projet.
   Pour pouvoir exploiter le Colbert dans les meilleures conditions possibles, la Marine Nationale a obligé l’association des amis du croiseur Colbert - concessionnaire du Colbert - de faire un traité de sous-concession à une société privée qui en assurera l’exploitation.
   Ce sera la SMVP, valorisation et animation du patrimoine culturel, filiale du groupe ACCORD. Ce sous-concessionnaire (SMVP) sera en activité jusqu’au 1er juillet 1998 où elle dénoncera le traité de sous-concession le 13 mai 1998 dans les conditions prévues à l’article 11-2 de la concession (résultat déficitaire pendant deux ans ?).
   Pour éviter que le bâtiment musée ne ferme, l’Association des Amis du croiseur Colbert se déclare prête à continuer son exploitation.
   Le principe est accepté par le chef d’état major de la Marine Nationale et la mairie de Bordeaux. Mais suite à cet accord, le Président des Amis du croiseur Colbert, le capitaine de frégate Gérard Faugère ®, crée aussitôt une S.A.R.L. dont il en prendra la direction en se nommant "gérant conservateur". Ce sera le début d’une lente descente, par son inexpérience des contacts avec le public et les collectivités territoriales, mais énormément soutenu par la Marine Nationale locale et l’état major.
   Avec l’arrivée de Juppé à la mairie de Bordeaux, les premières années se sont très bien passées, mais ensuite, le gérant Gérard Faugère voulant participer à la vie politique sur la liste du maire a reçu une fin de non recevoir. Il est devenu très agressif envers Juppé et ce dernier a commencé à prendre le Colbert en grippe. A partir de 1999, l’association a demandé à la mairie qu’un parking soit attribué spécialement pour les visiteurs venant avec leur voiture mais également pour les cars qui avaient des difficultés de stationnement pendant que leurs passagers faisaient la visite du Colbert. Nous n’avons jamais était entendu et le petit parking qui a existé servait plus aux résidents des Chartrons, ce qui faisait, qu’aux heures des visites du Colbert, il était toujours plein. Ajoutons à cela les travaux liés au tramway, il était parfois impossible de rouler ou même d’accéder dans une zone proche du Colbert.
   Le bouquet pour l’exploitation du Colbert s’est produit le 07 juillet 2005 où des grilles pour raison de travaux, l’avaient complètement isolé de la voix de circulation, donc pas d’accès du public. Même le personnel du bord ne pouvait pas embarquer sans prendre des risques au milieu des ouvriers du chantier. Nous avons été obligé de faire venir un huissier de justice pour constater les faits et établir un document avec photos pour dénoncer cette méthode de la part de la CUB et de la mairie de Bordeaux. Suite à ce constat d’huissier, le maire Hugues Martin a demandé de créer un petit couloir pour accéder à bord. Bien sûr à l’entrée de ce couloir, aucun panneau pour diriger les quelques phénomènes visiteurs voulant accèdes à bord. Un fait exprès, les voies sur berge étaient également en travaux et seul ce petit couloir permettait l’accès à bord à une période clé de la saison. Les mois de juillet et d’août sont des mois importants par le nombre de visiteurs. Il n’est pas rare de dépasser les 20000 visiteurs pour cette période. Sachant que de nombreux touristes fréquentent nos plages de l’océan, les jours où le temps est pluvieux, gris ou venteux, nombreux sont ceux qui prennent la route vers Bordeaux pour visiter la ville et certains musées. Tous touristes normaux qui se trouvent au sec dans sa voiture avec ses enfants où de la famille, ne va pas faire un kilomètre sous la pluie pour faire plaisir au conservateur de n’importe quel musée. On considère que le Colbert musée perd entre 15000 et 20000 visiteurs par an à cause de ce problème de parking.
   Bien entendu cette situation est bien maitrisée par la marie qui voit la situation financière se dégrader et le bâtiment agoniser par un manque d’entretien évident. Méthode très perverses car elle ne donne droit à aucune subvention de la part de la CUB pour perte importante des rentrées d’argent. Pendant ce temps, les factures pour les assurances (26000 euros/an), les droits de quai (10000 Euros/an), l’électricité, les travaux de maintenance courant et les salaires du personnel sont toujours les mêmes. Pour arriver à faire face, le personnel est à l’extrême limite pour la sécurité des visiteurs.
   L’association a fait de nombreux courrier au chef d’état major de la Marine Nationale pour dénoncer les méthodes de la mairie qui ne permettent pas de mettre de l’argent dans l’entretien du Colbert. Nous n’avons jamais eu de réponse de leur part. Seule une petite commission est venue eu 2004 faire un inventaire de l’état du bâtiment à la suite d’un rapport technique effectué par l’asso et soulevant certaines carences au niveau des étanchéités de certains ponts. Une promesse de travaux, chiffrée à 50000 Euros n’ont jamais étaient effectués
   Depuis juin 2006, le maire par intérim, Hugues Martin, balance à tous les médias qu’il veut que le Colbert quitte les Quai de Bordeaux car son état n’est pas en harmonie avec les projets des quais et des bâtiments XVIIIème des Chartrons. Derrière, celui qui tire les ficelles, même pendant sa période au Québec, n’est autre que Juppé.
   Son retour à Bordeaux en juillet 2006 à été l’occasion de dire à tout le monde qu’il allait débarrasser Bordeaux de cette « verrues » qui défigurait sa ville. Au mois d’août il demandait au conseil municipal de Bordeaux de démissionner afin qu’il puisse faire des élections et retrouver sa place de maire. Cela pour dix huit mois a coûté aux contribuables bordelais la bagatelle de 0,5 million d’Euros. Pour gagner des voix supplémentaires avec l’aide des écolos et des anti-Colbert, il a réussi à faire annuler le traité de concession par madame la Ministre des Armées. Impressionnant de voir qu’étant qu’un simple citoyen, il peut agir comme si il était déjà dans le fauteuil de maire. Il faut dire également qu’en se débarrassant du Colbert, il fait partir l’ombre de deux personnes dont il n’atteindra jamais leurs chevilles dans la popularité qu’étaient le Président Jacques Chaban Delmas et le Général de Gaulle.
   Le Colbert a fermé au début du mois d’octobre. Il attendra avec patience dans l’enveloppe de son "âme positive" pour les honneurs qu’il a rendus à la France, les bourreaux qui le mèneront vers son destin final. Avec un peu de chance, le maire de Brest pourrait lui prolonger sa vie à Brest et montrer qu’il peut être aimé ailleurs qu’à Bordeaux.
   En chassant le petit peuple de la façade des quais et en gommant une grande partie de l’histoire des quais de la Garonne, Bordeaux devient une ville insipide pour celui qui espère trouver de bons petits coins sympas. En se promenant le long des berges de la Garonne on regardera défiler les eaux boueuses en se souvenant que naguère elle servait à faire remonter des milliers de bateaux qui apportaient de la vie pour le travail qu’ils donnaient à la population locale.
   Par contre il est une chose que je dénonce, c’est le fait que la mairie de Bordeaux dépense des milliers d’Euros chaque année pour maintenir la base sous-marine en état pour quelques petites manifestations et un nombre limité de visiteurs ne dépassant pas 3000 par an. Il vaut mieux sauver un symbole affreux de notre défaite et de l’occupation ennemi que de sauver notre patrimoine maritime avec toutes les richesses historiques et téchnonologiques qu’il renferme.
   De plus des milliers de marins, sous-officiers et officiers qui ont servi et représenté notre pays à l’étranger en prennent plein la gueule par le vocabulaire employé pour le désigner.

   Adrien Etcheverry, Ancien de 1964 et Trésorier des Amis du Croiseur Colbert.
 


Croiseur Lance Missile COLBERT  - Le Musée

   L'Union des Ecouteurs Français a participé activement a cette belle aventure qui a été gâchée par la bêtise humaine.
   En voici l'histoire avec celle de Gilbert ARAN F5JEO qui a assuré bénévolement la remise en état de présentation et de fonctionnement du Centre Télec du C.L.M. Colbert.

¨* PALAISEAU, F6KBU, Maison des Jeunes :

 

UNE AVENTURE MERVEILLEUSE:

Les installations radioélectriques du C.L.M. COLBERT sont tout à fait exceptionnelles en France. C'est mieux qu'une présentation technique théorique, c'est une merveilleuse aventure humaine. Plusieurs concours de circonstances ont permis la sauvegarde d'un élément essentiel, puisque maintenant unique, de notre patrimoine national.

Mettre intégralement à la disposition du public une ville flottante qui primitivement devait finir sa carrière découpée par les chalumeaux des ferrailleurs c'est exceptionnel.

C'est ce qui est arrivé au Croiseur Lance Missiles COLBERT, fleuron de notre Marine nationale, sauvegardée dans le port de Bordeaux.

Mon témoignage se focalisera aux installations radioélectriques du bord. C'est une toute petite partie du COLBERT, mais c'est beaucoup.

* CONCOURS DE CIRCONSTANCES:

Notre concours de circonstances commence en région parisienne avec un personnage central, essentiel, bien connu des OM qui trafiquaient sur la bande 144 MHz, il y a quelques années. FD1JEO Gilbert ARAN était alors responsable du radio-club FF6KBU de Palaiseau. Il y montrait l'exemple en pratiquant intensément le 144 MHz. La retraite à privé d'un élément d'entraînement les OM du département de l'Essonne, mais a renforcé l'activité radio dans le bordelais, ça région d'origine.

Le C.L.M. COLBERT a trouvé avec Gilbert ARAN maintenant F5JEO, le chef d'orchestre d'une vaste opération, sans fausses notes, la remise en état de fonctionnement d'origine de l'équipement radioélectrique du C.L.M. COLBERT.

Le croiseur COLBERT a été désarmé à Toulon à l'issue de sa dernière sortie en mer le 21 mai 1996, 6 mois après son retour de l'opération "Salamandre" dans le Golfe persique.

Le CLM COLBERT c'est le dernier des croiseurs français. Le CLM COLBERT est un croiseur léger, rapide et son armement principal est constitué de lance-missiles (CLM = Croiseur Lance Missile).

Le CLM COLBERT est toujours la propriété de l'État sous le contrôle de la Marine nationale. C'est à cause de l'initiative de quelques personnes qu'une association "Les Amis du Croiseur Colbert à Bordeaux" avec à leur tête Robert PIERRON, était créée pour conserver le dernier bâtiment de cette classe de croiseur. Une centaine de musées de ce genre existent dans le monde en particulier aux États-Unis d'Amérique, en Grande-Bretagne et en Russie. Pour le Colbert le but est de conserver en l'état où il était au moment de son désarmement à Toulon en mai 1991 et de recréer la vie à bord. Il est utile toutefois de rappeler la situation juridique du croiseur Colbert à Bordeaux: Le croiseur désarmé en 1991 à Toulon a été confié par l'État (ministre de la Défense et Ministre du Budget) à l'Association des Amis du Croiseur Colbert à Bordeaux dans le cadre d'une concession de service public. Cette association (Loi de 1901) en a confié l'exploitation dans un premier temps à une société de droit privé, la S.M.V.P. qui assure l'entretien et l'animation avec comme seules ressources les droits d'entrée des visiteurs, la location des salles et la vente à la boutique. Elle a été depuis remplacée par la société gérante du Parc Astérix jusqu'en juillet 1998. Il faut préciser que le croiseur Colbert est toujours sous le contrôle de la Marine nationale.

- LA MISE EN VALEUR:
Ce bâtiment est destiné à être visité. C'est à mon avis une vitrine exceptionnelle des techniques et des moyens mis en oeuvre par la Marine nationale ces dernières années. Déjà trois circuits sont fléchés pour parcourir les parties ouvertes au public, moyennant un coût modeste. Cela en vaut la peine. Il faut trois heures pour parcourir les coursives et gravir les "échelles", ce n'est pas cela qui manque. Il est prévu de reconstruire autant que possible à l'identique le centre des télécommunications. C'est à cela que s'emploie, fort bien, Gilbert ARAN qui a bien du mérite entre les câbles coupés, suintant un liquide "anti-feu" et ceux qui sont en état et qui servent ou serviront ultérieurement.

Si le "CLM COLBERT" est d'une grande valeur historique, sa visite mérite une attention toute particulière pour les "techniques avancées" qui ont été retenues lors de sa construction ou de ses modernisations. L'ouverture de nouveaux circuits de visite fait apparaître ses installations techniques, en particulier celui des machines "la propulsion" et les turbo générateurs électriques. Le Croiseur Lance-Missiles COLBERT se situe à un niveau très élevé de la technique de propulsion par turbines à vapeur: chaudières à haute pression (45 bars) et haute surchauffe (450°C), triple expansion (haute, moyenne et basse pression). Les dimensions des éléments de la transmission sont remarquables: grande roue du réducteur de 3,59 m de diamètre, lignes d'arbres de 49 cm de diamètre sur 83 m (machine avant, hélice tribord) et 44 m (machine arrière, hélice bâbord). La puissance installée (86 000 CV) et une vitesse (32 noeuds) sont encore de nos jours assez exceptionnelles.

L'aspect général du C.L.M. COLBERT doit être conservé à un détail près. La S.M.V.P. et deux anciens officiers mariniers Pascal et Jean-Michel veillent de près à sa bonne tenue. Ils font un travail remarquable pour l'aménagement de l'ensemble du bâtiment de façon que les visiteurs puissent avoir une bonne impression sur la vie à bord d'un bâtiment de la Marine nationale.

- LE C.L.M. "COLBERT" en chiffres:
Longueur: 188 m
Jaugeage: 8800 tonnes
Tirant d'eau: 6,50 m
Hauteur max: 54 m au-dessus de la ligne de flottaison.
Propulsion: 2 hélices entraînées par deux turbines à vapeur.
L'équipage se composait de 600 hommes environ.

- Armement:
6 affûts doubles de 57 mm automatiques.
2 canons de 100 mm automatiques.
2 rampes MASURCA avec 2 barillets de 18 missiles.
4 rampes EXOCET.
2 batteries lancent leurs SILEX.

- Les radars étaient répartis comme suit:
2 télés pointeurs pour bitubes 57 mm.
1 télé pointeur pour canon 100 mm.
1 radar DECCA pour la navigation portuaire.
1 radar de surveillance de surface.
1 radar de surveillance aérienne lointaine.
1 radar tridimensionnel de surveillance aérienne.
2 télés pointeurs pour MASURCA.
1 radar métrique.

- LE PC-TELEC.:
Dés l'arrivé du COLBERT à Bordeaux, il a été entrepris sous la houlette de Gilbert ARAN F5JEO la remise en état d'origine des installations radioélectriques du COLBERT. La charge technique de maintien et de remise en condition identique originelle des moyens radios a été le but principal des radioamateurs de la Gironde (REF33) et plus particulièrement à Gilbert ARAN F5JEO, c'est à dire entre de très bonnes mains.

Cette entreprise associative de longue durée nécessite les bons soins d'un responsable pour homogénéiser et diriger les différentes activités et réfections nécessaires. Gilbert réunit les compétences techniques, l'aptitude à l'action associative désintéressée et une bonne connaissance des divers procédés de transmission d'un navire de guerre. Gilbert a eu bien du mérite pour reconstruire et effectuer les recherches afin de reproduire la réalité à l'époque ou le navire était en service et qui était démonté et même coupé. Il fallait voir les câbles d'antennes coupés, suintants un liquide "anti-feu" et ceux qui sont en état et qui servent ou serviront ultérieurement. Le maintien en état des installations encore existantes, mais ayant déjà subi quelques nuisances telles que câbles coupés d'ou des difficultés à retrouver les liaisons PC vers les antennes et la mise en oeuvre des futurs matériels éventuellement cédés par la Marine nécessite un travail persévérant.

LES TÉLÉCOMMUNICATIONS:
Un bâtiment amiral comprend l'équipement nécessaire à ses activités propres plus les équipements indispensables au commandement d'une flotte. L'installation radio comprend donc les liaisons et moyens nécessaires à un grand bâtiment, plus des moyens de liaisons et d'écoutes supplémentaires.

Le PC-TRANSMISSION du CLM COLBERT est installé en dessous des passerelles de l'Amiral et à côté de la salle des radars. C'est une parfaite cage de faraday, il n'y a aucun hublot ni ouverture. Une face entière est tapissée du bonheur de l'écouteur avec pas moins de dix récepteurs VLF, LF et HF THOMSON-CSF, d'un récepteur panoramique TELEFUNKEN et de plusieurs décodeurs radiotélétypes.

Pour un amateur de chasse à la station, il y a là de quoi occuper les jours et les nuits.
Les récepteurs décamétriques sont actuellement fonctionnels.
Ces matériels sont d'une conception modulaire, ce qui en facilite la maintenance. Ils ont une couverture de 1,5 à 30 MHz et ont conservé de remarquables performances de stabilité, sensibilité et de sélectivité. La technologie utilisée comporte des composants discrets ainsi que des circuits intégrés TTL. Ils sont composés de trois tiroirs:

1 synthétiseur au pas de 100 Hz.
1 récepteur à accord automatique.
1 présélecteur.

Toutefois, il faut signaler que ces équipements radio étaient pilotés par une horloge au césium à haute stabilité de l'ordre de 10 - qui délivrait une source de 4 MHz pour tous les systèmes de communication de façon qu'ils aient une compatibilité parfaite avec les autres systèmes de liaison radio.

Grâce à THOMSON-CSF de Cholet, des modules pilotes autonomes thermostatés ont été gracieusement fournis ce qui permet de remettre en service plusieurs de ces récepteurs. Ces récepteurs sont couplés à des convertisseurs télégraphiques THOMSON-CSF de type RMBT3A. Il faut rappeler que la plupart des émetteurs HF étaient répartis à l'avant, l'arrière, sur les hauts, etc... du bâtiment, ils étaient télécommandés depuis le PC TELEC. La plupart des installations techniques sont actuellement visibles par le public. De nombreuses manifestations sont organisées à bord.

Un petit réduit, situé entre la salle principale et le minuscule cabinet du "crypto centre" "INTERDIT D'ENTRER" recèle un récepteur VLF ainsi qu'un décodeur radio télétype.

Ces ensembles de réception sont reliés aux antennes diverses par un réseau de câbles coaxiaux. Le navire est équipé d'un câblage permettant la retransmission des réceptions vers d'autres lieux névralgiques ou de commandement du bâtiment.

D'autres installations, comme les émetteurs décamétriques ou les émetteurs-récepteurs des radars ont trouvé leurs places dans d'autres parties du navire.

Certains de ces appareils ont été remis en service sur d'autres bâtiments de la Marine.

Parmi les équipements du PC TELEC, il faut citer la série des récepteurs HF THOMSON-CSF type RRBM 4 et 5. Ces récepteurs sont d'une technologie de 1972 et ils ont été fabriqués par l'usine THOMSON-CSF de Cholet.

Le PC TELEC a déjà accueilli par deux fois l'U.E.F. venue y assurer une présentation de nos activités qui a obtenu un réel succès. Des démonstrations de réception avec décodage CW, RTTY, packet et FAX. Le public a été très intéressé et a pu profiter des informations sur le radioamateurisme.

Le PC TELEC est pratiquement remis sous tension et les systèmes de commutation lignes fonctionnent ce qui a permis de réinstaller les terminaux qui étaient des téléimprimeurs SAGEM type SPE5 ou TX20 comme cela était à l'origine pour les liaisons TRAM.

Un musée des radiocommunications maritimes est présenté dans le local "émission des Hauts". Déjà, des équipements dont certains équipaient le "CLM COLBERT" à l'origine comme le système de radionavigation DECCA, NAVSTAR et les VHF CSF sont présentés.

En ce qui concerne les radars une collection de tubes spéciaux: Klystrons, Magnétrons sont en cours de constitution avec leur historique.

- AUTRES INSTALLATIONS RADIOÉLECTRIQUES:
Un bâtiment comme le COLBERT, conçu, pensé, construit pour faire la guerre était équipé d'une redondance d'appareillage électronique de toutes spécialités. La guerre électronique moderne nécessite de voir sans être vu, d'entendre sans être entendu et de mettre hors d'état de nuire sans être soit même avarié. L'ennui c'est que le système similaire ennemi souhaite faire exactement la même chose, mais à son avantage. Pour tenter de réussir dans cette technique de tour de vache, un bâtiment militaire de l'importance du COLBERT réunit une succession d'équipement permettant de connaître le plus précisément possible la zone ou il navigue, la position des amis et ennemis. Ce qu'ils font tout en camouflant ses propres activités.

Les contrôles de tous ces systèmes sont réunis dans une salle appelée: Central Opérations (CO).
Le CO (Centre Opérations) est installé juste derrière la passerelle. Il a été récemment rééquipé. Au moment de la démilitarisation du navire, la Marine nationale a retiré et récupéré certains matériels dont le caractère secret est incompatible avec une présentation au public. C'est certainement là, un des lieux ou est mis en oeuvre les techniques les plus pointues et les plus secrètes d'un bâtiment de guerre.

En voici quelques-unes:
- Le SENIT (Système d'Exploitation Navale des Informations Tactiques): ce système est une application de l'informatique à la guerre sur mer. Gestion automatisée de la situation autour du COLBERT. Des calculateurs reçoivent des informations de nombreuses sources (radars, vigie, navires-amis, patrouille maritime, etc..., par des liaisons filaires et par radio. Ces informations sont dirigées, analysées par des systèmes et des spécialistes qui donnent une situation tactique constamment mise à jour, sur des tables traçantes et des consoles de visualisation. Ces résultats sont redirigés vers les commandes des systèmes d'armes qui peuvent être déclenchées automatiquement: - canon 100 mm - MASURCA - EXOCET - SYLEX.

- Le SYRACUSE est un système qui permet des liaisons directes par satellites par l'intermédiaire de paraboles asservies directement au sommet du navire.

- Les radars:
DRBV50 de vieille surface et air à basse altitude EN BANDE G et H.
DRBV23C de veille air. Trois émetteurs distincts, fréquences aléatoires, bande D.
DRBV20C de veille-air, me trique en bande A.
DRBI10E d'altimétrie, tridimensionnel en bande E/F.
DRBV22A veille et missions aériennes en bande D.
DECCA 1226 de navigation.

Les radars pour la mise en oeuvre du Masurca:
DRBC51B et de l'artillerie: DRBC32C et DRBC31C.

* GUERRE ÉLECTRONIQUE:
IFF/SIF (Interrogation Friends and Foë) système lié au radar qui identifie les amis à l'aide d'une "balise" idoine.
TACAN (TACtical Air Navigation) balise radioélectrique donnant la position du COLBERT.

- Les détecteurs de radars:
ARBR12 RACAL pour l'interception HF (excuser les noms barbares, tout le monde ne peut pas s'appeler Daniel, hi).
ARBR11B Telegon pour la goniométrie HF.
Astro pour l'interception VHF et UHF (le bonheur de l'écouteur).
ARBR15 intercepteur et radiogoniométrie de télécommunication de radar UHF et VHF.
ARBR10F intercepteur panoramique avec analyse des émissions radar bandes E à J.
ARBB30, 31, 32 pour intercepter les radars en bande I et le brouillage.

A l'arrière se trouve le radar métrique qui fonctionne dans la gamme VHF 150 à 170 MHz. Cet ensemble d'origine SADIR-CARPENTIER est le dernier radar de ce type qui équipait les bâtiments de la Marine nationale.
La remise en état des diverses installations est toujours en cours. L'ouvrage ne manque pas, mais tout ne peut pas être entrepris en même temps.

* LES RADIOAMATEURS A BORD:
Le Croiseur COLBERT avait jusqu'à son désarmement en 1991 et au cours de sa vie active l'indicatif "FAUC".
Depuis l'inauguration du COLBERT à Bordeaux en 1993, le PC TELEC est activé dans le cadre du "Réseau des Émetteurs Français" par des radioamateurs sous leur propre indicatif ou pour certaines manifestations, l'indicatif 'TM6COL" a été accordé à titre exceptionnel.
Depuis mars 1996, un nouvel indicatif "F6KOL" est attribué à titre permanent. Une trentaine de radioamateurs sont déjà venus opérer le PC TELEC.

Quelque 2000 liaisons radio ont été effectuées avec plus d'une centaine de pays. Les moyens de transmission sont les équipements personnels radioamateurs, seuls les aériens du bord sont utilisés dans leur configuration d'origine.

Les modes de transmission pratiqués sont:
- la télégraphie (morse).
- la téléphonie.
- le radiotélex (RTTY).
- la transmission numérique (packet).

Les fréquences utilisées sont:
Bande 40 m: CW 7,020 MHz phonie 7,080 MHz
Bande 20 m: CW 14,020 MHz phonie 14,120 MHz
Bande 2 m: relais R5 145,725 Mhz Bordeaux et 145,700 MHz Pierre Saint-Martin.
Le PC TELEC du COLBERT est en principe activé tous les samedis. N'hésitez pas à faire un détour. Le navire mérite plusieurs visites. Si vous avez de la chance, au PC-Telec vous pouvez y rencontrer un OM passionné. F5JEO a rendu possible, l'impossible.
 

 

 


* 24/10/2014  En octobre 2015, la coque de l’ex-Colbert reviendra à Bordeaux. Son démantèlement fait partie du même contrat que celi de la "Jeanne". Il s'élève à 11,5 millions d’euros, signé, en juin, par la Marine nationale avec les deux filiales de Veolia.
   Ainsi disparaîtront deux bâtiments témoins d'une époque révolue.
   Aux U.S.A. un exemplaire d'anciens bâtiments mythiques est conservé à la fin de leurs services. Leurs financements sont assurés par les revenus des commerces entretenus à bord.
   Nous aurions pu faire la même chose chez nous.
   L'aventure du C.L.M. Colbert est à cet égard une bien triste leçon. L'Union des Écouteurs Français avec ses petits moyens et grâce à l'Amitié du regretté F5JEO (Gilbert Aran) y a participé. Nous avions ambitionné de faire plus.    Les évènements ne l'ont pas permis.
Gilbert fut un exemple de passion et de désintéressement. Ce ne fut pas le cas partout. Le musée en est mort.


* Pourquoi le Colbert est dans cette situation ?
   Le projet pour faire venir le croiseur Colbert comme bâtiment musée à Bordeaux, a été mené par des hommes très motivés, pour la conservation de notre patrimoine maritime. Une association composée d’hommes et de femmes, des officiers supérieurs en activités de la Marine Nationale et le maire de Bordeaux, le Président Jacques Chaban Delmas ont fait aboutir ce lourd projet.
   Pour pouvoir exploiter le Colbert dans les meilleures conditions possibles, la Marine Nationale a obligé l’association des amis du croiseur Colbert - concessionnaire du Colbert - de faire un traité de sous-concession à une société privée qui en assurera l’exploitation.
   Ce sera la SMVP, valorisation et animation du patrimoine culturel, filiale du groupe ACCORD. Ce sous-concessionnaire (SMVP) sera en activité jusqu’au 1er juillet 1998 où elle dénoncera le traité de sous-concession le 13 mai 1998 dans les conditions prévues à l’article 11-2 de la concession (résultat déficitaire pendant deux ans ?).
   Pour éviter que le bâtiment musée ne ferme, l’Association des Amis du croiseur Colbert se déclare prête à continuer son exploitation.
   Le principe est accepté par le chef d’état major de la Marine Nationale et la mairie de Bordeaux. Mais suite à cet accord, le Président des Amis du croiseur Colbert, le capitaine de frégate Gérard Faugère ®, crée aussitôt une S.A.R.L. dont il en prendra la direction en se nommant "gérant conservateur". Ce sera le début d’une lente descente, par son inexpérience des contacts avec le public et les collectivités territoriales, mais énormément soutenu par la Marine Nationale locale et l’état major.
   Avec l’arrivée de Juppé à la mairie de Bordeaux, les premières années se sont très bien passées, mais ensuite, le gérant Gérard Faugère voulant participer à la vie politique sur la liste du maire a reçu une fin de non recevoir. Il est devenu très agressif envers Juppé et ce dernier a commencé à prendre le Colbert en grippe. A partir de 1999, l’association a demandé à la mairie qu’un parking soit attribué spécialement pour les visiteurs venant avec leur voiture mais également pour les cars qui avaient des difficultés de stationnement pendant que leurs passagers faisaient la visite du Colbert. Nous n’avons jamais était entendu et le petit parking qui a existé servait plus aux résidents des Chartrons, ce qui faisait, qu’aux heures des visites du Colbert, il était toujours plein. Ajoutons à cela les travaux liés au tramway, il était parfois impossible de rouler ou même d’accéder dans une zone proche du Colbert.
   Le bouquet pour l’exploitation du Colbert s’est produit le 07 juillet 2005 où des grilles pour raison de travaux, l’avaient complètement isolé de la voix de circulation, donc pas d’accès du public. Même le personnel du bord ne pouvait pas embarquer sans prendre des risques au milieu des ouvriers du chantier. Nous avons été obligé de faire venir un huissier de justice pour constater les faits et établir un document avec photos pour dénoncer cette méthode de la part de la CUB et de la mairie de Bordeaux. Suite à ce constat d’huissier, le maire Hugues Martin a demandé de créer un petit couloir pour accéder à bord. Bien sûr à l’entrée de ce couloir, aucun panneau pour diriger les quelques phénomènes visiteurs voulant accèdes à bord. Un fait exprès, les voies sur berge étaient également en travaux et seul ce petit couloir permettait l’accès à bord à une période clé de la saison. Les mois de juillet et d’août sont des mois importants par le nombre de visiteurs. Il n’est pas rare de dépasser les 20000 visiteurs pour cette période. Sachant que de nombreux touristes fréquentent nos plages de l’océan, les jours où le temps est pluvieux, gris ou venteux, nombreux sont ceux qui prennent la route vers Bordeaux pour visiter la ville et certains musées. Tous touristes normaux qui se trouvent au sec dans sa voiture avec ses enfants où de la famille, ne va pas faire un kilomètre sous la pluie pour faire plaisir au conservateur de n’importe quel musée. On considère que le Colbert musée perd entre 15000 et 20000 visiteurs par an à cause de ce problème de parking.
   Bien entendu cette situation est bien maitrisée par la marie qui voit la situation financière se dégrader et le bâtiment agoniser par un manque d’entretien évident. Méthode très perverses car elle ne donne droit à aucune subvention de la part de la CUB pour perte importante des rentrées d’argent. Pendant ce temps, les factures pour les assurances (26000 euros/an), les droits de quai (10000 Euros/an), l’électricité, les travaux de maintenance courant et les salaires du personnel sont toujours les mêmes. Pour arriver à faire face, le personnel est à l’extrême limite pour la sécurité des visiteurs.
   L’association a fait de nombreux courrier au chef d’état major de la Marine Nationale pour dénoncer les méthodes de la mairie qui ne permettent pas de mettre de l’argent dans l’entretien du Colbert. Nous n’avons jamais eu de réponse de leur part. Seule une petite commission est venue eu 2004 faire un inventaire de l’état du bâtiment à la suite d’un rapport technique effectué par l’asso et soulevant certaines carences au niveau des étanchéités de certains ponts. Une promesse de travaux, chiffrée à 50000 Euros n’ont jamais étaient effectués
   Depuis juin 2006, le maire par intérim, Hugues Martin, balance à tous les médias qu’il veut que le Colbert quitte les Quai de Bordeaux car son état n’est pas en harmonie avec les projets des quais et des bâtiments XVIIIème des Chartrons. Derrière, celui qui tire les ficelles, même pendant sa période au Québec, n’est autre que Juppé.
   Son retour à Bordeaux en juillet 2006 à été l’occasion de dire à tout le monde qu’il allait débarrasser Bordeaux de cette « verrues » qui défigurait sa ville. Au mois d’août il demandait au conseil municipal de Bordeaux de démissionner afin qu’il puisse faire des élections et retrouver sa place de maire. Cela pour dix huit mois a coûté aux contribuables bordelais la bagatelle de 0,5 million d’Euros. Pour gagner des voix supplémentaires avec l’aide des écolos et des anti-Colbert, il a réussi à faire annuler le traité de concession par madame la Ministre des Armées. Impressionnant de voir qu’étant qu’un simple citoyen, il peut agir comme si il était déjà dans le fauteuil de maire. Il faut dire également qu’en se débarrassant du Colbert, il fait partir l’ombre de deux personnes dont il n’atteindra jamais leurs chevilles dans la popularité qu’étaient le Président Jacques Chaban Delmas et le Général de Gaulle.
   Le Colbert a fermé au début du mois d’octobre. Il attendra avec patience dans l’enveloppe de son "âme positive" pour les honneurs qu’il a rendus à la France, les bourreaux qui le mèneront vers son destin final. Avec un peu de chance, le maire de Brest pourrait lui prolonger sa vie à Brest et montrer qu’il peut être aimé ailleurs qu’à Bordeaux.
   En chassant le petit peuple de la façade des quais et en gommant une grande partie de l’histoire des quais de la Garonne, Bordeaux devient une ville insipide pour celui qui espère trouver de bons petits coins sympas. En se promenant le long des berges de la Garonne on regardera défiler les eaux boueuses en se souvenant que naguère elle servait à faire remonter des milliers de bateaux qui apportaient de la vie pour le travail qu’ils donnaient à la population locale.
   Par contre il est une chose que je dénonce, c’est le fait que la mairie de Bordeaux dépense des milliers d’Euros chaque année pour maintenir la base sous-marine en état pour quelques petites manifestations et un nombre limité de visiteurs ne dépassant pas 3000 par an. Il vaut mieux sauver un symbole affreux de notre défaite et de l’occupation ennemi que de sauver notre patrimoine maritime avec toutes les richesses historiques et téchnonologiques qu’il renferme.
   De plus des milliers de marins, sous-officiers et officiers qui ont servi et représenté notre pays à l’étranger en prennent plein la gueule par le vocabulaire employé pour le désigner.

   Adrien Etcheverry, Ancien de 1964 et Trésorier des Amis du Croiseur Colbert.



 


 

lundi 06 juin 2016

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