Si tous les
radio-écouteurs voulaient bien se donner la main...
C.L.M. Colbert
Le patrimoine
maritime de la France
Kikilohertz.
Pourquoi le Colbert est dans cette
situation ?
Le projet pour faire venir le croiseur Colbert comme bâtiment musée
à Bordeaux, a été mené par des hommes très motivés, pour la
conservation de notre patrimoine maritime. Une association composée
d’hommes et de femmes, des officiers supérieurs en activités de la
Marine Nationale et le maire de Bordeaux, le Président Jacques
Chaban Delmas ont fait aboutir ce lourd projet.
Pour pouvoir exploiter le Colbert dans les meilleures conditions
possibles, la Marine Nationale a obligé l’association des amis du
croiseur Colbert - concessionnaire du Colbert - de faire un traité
de sous-concession à une société privée qui en assurera
l’exploitation.
Ce sera la SMVP, valorisation et animation du patrimoine culturel,
filiale du groupe ACCORD. Ce sous-concessionnaire (SMVP) sera en
activité jusqu’au 1er juillet 1998 où elle dénoncera le traité de
sous-concession le 13 mai 1998 dans les conditions prévues à
l’article 11-2 de la concession (résultat déficitaire pendant deux
ans ?).
Pour éviter que le bâtiment musée ne ferme, l’Association des Amis
du croiseur Colbert se déclare prête à continuer son exploitation.
Le principe est accepté par le chef d’état major de la Marine
Nationale et la mairie de Bordeaux. Mais suite à cet accord, le
Président des Amis du croiseur Colbert, le capitaine de frégate
Gérard Faugère ®, crée aussitôt une S.A.R.L. dont il en prendra la
direction en se nommant "gérant conservateur". Ce sera le début
d’une lente descente, par son inexpérience des contacts avec le
public et les collectivités territoriales, mais énormément soutenu
par la Marine Nationale locale et l’état major.
Avec l’arrivée de Juppé à la mairie de Bordeaux, les premières
années se sont très bien passées, mais ensuite, le gérant Gérard
Faugère voulant participer à la vie politique sur la liste du maire
a reçu une fin de non recevoir. Il est devenu très agressif envers
Juppé et ce dernier a commencé à prendre le Colbert en grippe. A
partir de 1999, l’association a demandé à la mairie qu’un parking
soit attribué spécialement pour les visiteurs venant avec leur
voiture mais également pour les cars qui avaient des difficultés de
stationnement pendant que leurs passagers faisaient la visite du
Colbert. Nous n’avons jamais était entendu et le petit parking qui a
existé servait plus aux résidents des Chartrons, ce qui faisait,
qu’aux heures des visites du Colbert, il était toujours plein.
Ajoutons à cela les travaux liés au tramway, il était parfois
impossible de rouler ou même d’accéder dans une zone proche du
Colbert.
Le bouquet pour l’exploitation du Colbert s’est produit le 07
juillet 2005 où des grilles pour raison de travaux, l’avaient
complètement isolé de la voix de circulation, donc pas d’accès du
public. Même le personnel du bord ne pouvait pas embarquer sans
prendre des risques au milieu des ouvriers du chantier. Nous avons
été obligé de faire venir un huissier de justice pour constater les
faits et établir un document avec photos pour dénoncer cette méthode
de la part de la CUB et de la mairie de Bordeaux. Suite à ce constat
d’huissier, le maire Hugues Martin a demandé de créer un petit
couloir pour accéder à bord. Bien sûr à l’entrée de ce couloir,
aucun panneau pour diriger les quelques phénomènes visiteurs voulant
accèdes à bord. Un fait exprès, les voies sur berge étaient
également en travaux et seul ce petit couloir permettait l’accès à
bord à une période clé de la saison. Les mois de juillet et d’août
sont des mois importants par le nombre de visiteurs. Il n’est pas
rare de dépasser les 20000 visiteurs pour cette période. Sachant que
de nombreux touristes fréquentent nos plages de l’océan, les jours
où le temps est pluvieux, gris ou venteux, nombreux sont ceux qui
prennent la route vers Bordeaux pour visiter la ville et certains
musées. Tous touristes normaux qui se trouvent au sec dans sa
voiture avec ses enfants où de la famille, ne va pas faire un
kilomètre sous la pluie pour faire plaisir au conservateur de
n’importe quel musée. On considère que le Colbert musée perd entre
15000 et 20000 visiteurs par an à cause de ce problème de parking.
Bien entendu cette situation est bien maitrisée par la marie qui
voit la situation financière se dégrader et le bâtiment agoniser par
un manque d’entretien évident. Méthode très perverses car elle ne
donne droit à aucune subvention de la part de la CUB pour perte
importante des rentrées d’argent. Pendant ce temps, les factures
pour les assurances (26000 euros/an), les droits de quai (10000
Euros/an), l’électricité, les travaux de maintenance courant et les
salaires du personnel sont toujours les mêmes. Pour arriver à faire
face, le personnel est à l’extrême limite pour la sécurité des
visiteurs.
L’association a fait de nombreux courrier au chef d’état major de
la Marine Nationale pour dénoncer les méthodes de la mairie qui ne
permettent pas de mettre de l’argent dans l’entretien du Colbert.
Nous n’avons jamais eu de réponse de leur part. Seule une petite
commission est venue eu 2004 faire un inventaire de l’état du
bâtiment à la suite d’un rapport technique effectué par l’asso et
soulevant certaines carences au niveau des étanchéités de certains
ponts. Une promesse de travaux, chiffrée à 50000 Euros n’ont jamais
étaient effectués
Depuis juin 2006, le maire par intérim, Hugues Martin, balance à
tous les médias qu’il veut que le Colbert quitte les Quai de
Bordeaux car son état n’est pas en harmonie avec les projets des
quais et des bâtiments XVIIIème des Chartrons. Derrière, celui qui
tire les ficelles, même pendant sa période au Québec, n’est autre
que Juppé.
Son retour à Bordeaux en juillet 2006 à été l’occasion de dire à
tout le monde qu’il allait débarrasser Bordeaux de cette « verrues »
qui défigurait sa ville. Au mois d’août il demandait au conseil
municipal de Bordeaux de démissionner afin qu’il puisse faire des
élections et retrouver sa place de maire. Cela pour dix huit mois a
coûté aux contribuables bordelais la bagatelle de 0,5 million
d’Euros. Pour gagner des voix supplémentaires avec l’aide des écolos
et des anti-Colbert, il a réussi à faire annuler le traité de
concession par madame la Ministre des Armées. Impressionnant de voir
qu’étant qu’un simple citoyen, il peut agir comme si il était déjà
dans le fauteuil de maire. Il faut dire également qu’en se
débarrassant du Colbert, il fait partir l’ombre de deux personnes
dont il n’atteindra jamais leurs chevilles dans la popularité
qu’étaient le Président Jacques Chaban Delmas et le Général de
Gaulle.
Le Colbert a fermé au début du mois d’octobre. Il attendra avec
patience dans l’enveloppe de son "âme positive" pour les honneurs
qu’il a rendus à la France, les bourreaux qui le mèneront vers son
destin final. Avec un peu de chance, le maire de Brest pourrait lui
prolonger sa vie à Brest et montrer qu’il peut être aimé ailleurs
qu’à Bordeaux.
En chassant le petit peuple de la façade des quais et en gommant
une grande partie de l’histoire des quais de la Garonne, Bordeaux
devient une ville insipide pour celui qui espère trouver de bons
petits coins sympas. En se promenant le long des berges de la
Garonne on regardera défiler les eaux boueuses en se souvenant que
naguère elle servait à faire remonter des milliers de bateaux qui
apportaient de la vie pour le travail qu’ils donnaient à la
population locale.
Par contre il est une chose que je dénonce, c’est le fait que la
mairie de Bordeaux dépense des milliers d’Euros chaque année pour
maintenir la base sous-marine en état pour quelques petites
manifestations et un nombre limité de visiteurs ne dépassant pas
3000 par an. Il vaut mieux sauver un symbole affreux de notre
défaite et de l’occupation ennemi que de sauver notre patrimoine
maritime avec toutes les richesses historiques et téchnonologiques
qu’il renferme.
De plus des milliers de marins, sous-officiers et officiers qui ont
servi et représenté notre pays à l’étranger en prennent plein la
gueule par le vocabulaire employé pour le désigner.
Adrien Etcheverry,
Ancien de 1964 et Trésorier des Amis du Croiseur Colbert.
Croiseur Lance
Missile COLBERT - Le Musée
L'Union des Ecouteurs
Français a participé activement a cette belle aventure qui a été
gâchée par la bêtise humaine.
En voici l'histoire avec celle de Gilbert ARAN F5JEO qui a assuré
bénévolement la remise en état de présentation et de fonctionnement
du Centre Télec du C.L.M. Colbert.
¨* PALAISEAU, F6KBU, Maison
des Jeunes :
UNE AVENTURE MERVEILLEUSE:
Les installations radioélectriques du C.L.M. COLBERT sont tout à
fait exceptionnelles en France. C'est mieux qu'une présentation
technique théorique, c'est une merveilleuse aventure humaine.
Plusieurs concours de circonstances ont permis la sauvegarde d'un
élément essentiel, puisque maintenant unique, de notre patrimoine
national.
Mettre intégralement à la disposition du public une ville flottante
qui primitivement devait finir sa carrière découpée par les
chalumeaux des ferrailleurs c'est exceptionnel.
C'est ce qui est arrivé au Croiseur Lance Missiles COLBERT, fleuron
de notre Marine nationale, sauvegardée dans le port de Bordeaux.
Mon témoignage se focalisera aux installations radioélectriques du
bord. C'est une toute petite partie du COLBERT, mais c'est beaucoup.
* CONCOURS DE CIRCONSTANCES:
Notre concours de circonstances commence en région parisienne avec
un personnage central, essentiel, bien connu des OM qui trafiquaient
sur la bande 144 MHz, il y a quelques années. FD1JEO Gilbert ARAN
était alors responsable du radio-club FF6KBU de Palaiseau. Il y
montrait l'exemple en pratiquant intensément le 144 MHz. La retraite
à privé d'un élément d'entraînement les OM du département de
l'Essonne, mais a renforcé l'activité radio dans le bordelais, ça
région d'origine.
Le C.L.M. COLBERT a trouvé avec Gilbert ARAN maintenant F5JEO, le
chef d'orchestre d'une vaste opération, sans fausses notes, la
remise en état de fonctionnement d'origine de l'équipement
radioélectrique du C.L.M. COLBERT.
Le croiseur COLBERT a été désarmé à Toulon à l'issue de sa dernière
sortie en mer le 21 mai 1996, 6 mois après son retour de l'opération
"Salamandre" dans le Golfe persique.
Le CLM COLBERT c'est le dernier des croiseurs français. Le CLM
COLBERT est un croiseur léger, rapide et son armement principal est
constitué de lance-missiles (CLM = Croiseur Lance Missile).
Le CLM COLBERT est toujours la propriété de l'État sous le contrôle
de la Marine nationale. C'est à cause de l'initiative de quelques
personnes qu'une association "Les Amis du Croiseur Colbert à
Bordeaux" avec à leur tête Robert PIERRON, était créée pour
conserver le dernier bâtiment de cette classe de croiseur. Une
centaine de musées de ce genre existent dans le monde en particulier
aux États-Unis d'Amérique, en Grande-Bretagne et en Russie. Pour le
Colbert le but est de conserver en l'état où il était au moment de
son désarmement à Toulon en mai 1991 et de recréer la vie à bord. Il
est utile toutefois de rappeler la situation juridique du croiseur
Colbert à Bordeaux: Le croiseur désarmé en 1991 à Toulon a été
confié par l'État (ministre de la Défense et Ministre du Budget) à
l'Association des Amis du Croiseur Colbert à Bordeaux dans le cadre
d'une concession de service public. Cette association (Loi de 1901)
en a confié l'exploitation dans un premier temps à une société de
droit privé, la S.M.V.P. qui assure l'entretien et l'animation avec
comme seules ressources les droits d'entrée des visiteurs, la
location des salles et la vente à la boutique. Elle a été depuis
remplacée par la société gérante du Parc Astérix jusqu'en juillet
1998. Il faut préciser que le croiseur Colbert est toujours sous le
contrôle de la Marine nationale.
- LA MISE EN VALEUR:
Ce bâtiment est destiné à être visité. C'est à mon avis une vitrine
exceptionnelle des techniques et des moyens mis en oeuvre par la
Marine nationale ces dernières années. Déjà trois circuits sont
fléchés pour parcourir les parties ouvertes au public, moyennant un
coût modeste. Cela en vaut la peine. Il faut trois heures pour
parcourir les coursives et gravir les "échelles", ce n'est pas cela
qui manque. Il est prévu de reconstruire autant que possible à
l'identique le centre des télécommunications. C'est à cela que
s'emploie, fort bien, Gilbert ARAN qui a bien du mérite entre les
câbles coupés, suintant un liquide "anti-feu" et ceux qui sont en
état et qui servent ou serviront ultérieurement.
Si le "CLM COLBERT" est d'une grande valeur historique, sa visite
mérite une attention toute particulière pour les "techniques
avancées" qui ont été retenues lors de sa construction ou de ses
modernisations. L'ouverture de nouveaux circuits de visite fait
apparaître ses installations techniques, en particulier celui des
machines "la propulsion" et les turbo générateurs électriques. Le
Croiseur Lance-Missiles COLBERT se situe à un niveau très élevé de
la technique de propulsion par turbines à vapeur: chaudières à haute
pression (45 bars) et haute surchauffe (450°C), triple expansion
(haute, moyenne et basse pression). Les dimensions des éléments de
la transmission sont remarquables: grande roue du réducteur de 3,59
m de diamètre, lignes d'arbres de 49 cm de diamètre sur 83 m
(machine avant, hélice tribord) et 44 m (machine arrière, hélice
bâbord). La puissance installée (86 000 CV) et une vitesse (32
noeuds) sont encore de nos jours assez exceptionnelles.
L'aspect général du C.L.M. COLBERT doit être conservé à un détail
près. La S.M.V.P. et deux anciens officiers mariniers Pascal et
Jean-Michel veillent de près à sa bonne tenue. Ils font un travail
remarquable pour l'aménagement de l'ensemble du bâtiment de façon
que les visiteurs puissent avoir une bonne impression sur la vie à
bord d'un bâtiment de la Marine nationale.
- LE C.L.M. "COLBERT" en chiffres:
Longueur: 188 m
Jaugeage: 8800 tonnes
Tirant d'eau: 6,50 m
Hauteur max: 54 m au-dessus de la ligne de flottaison.
Propulsion: 2 hélices entraînées par deux turbines à vapeur.
L'équipage se composait de 600 hommes environ.
- Armement:
6 affûts doubles de 57 mm automatiques.
2 canons de 100 mm automatiques.
2 rampes MASURCA avec 2 barillets de 18 missiles.
4 rampes EXOCET.
2 batteries lancent leurs SILEX.
- Les radars étaient répartis comme suit:
2 télés pointeurs pour bitubes 57 mm.
1 télé pointeur pour canon 100 mm.
1 radar DECCA pour la navigation portuaire.
1 radar de surveillance de surface.
1 radar de surveillance aérienne lointaine.
1 radar tridimensionnel de surveillance aérienne.
2 télés pointeurs pour MASURCA.
1 radar métrique.
- LE PC-TELEC.:
Dés l'arrivé du COLBERT à Bordeaux, il a été entrepris sous la
houlette de Gilbert ARAN F5JEO la remise en état d'origine des
installations radioélectriques du COLBERT. La charge technique de
maintien et de remise en condition identique originelle des moyens
radios a été le but principal des radioamateurs de la Gironde
(REF33) et plus particulièrement à Gilbert ARAN F5JEO, c'est à dire
entre de très bonnes mains.
Cette entreprise associative de longue durée nécessite les bons
soins d'un responsable pour homogénéiser et diriger les différentes
activités et réfections nécessaires. Gilbert réunit les compétences
techniques, l'aptitude à l'action associative désintéressée et une
bonne connaissance des divers procédés de transmission d'un navire
de guerre. Gilbert a eu bien du mérite pour reconstruire et
effectuer les recherches afin de reproduire la réalité à l'époque ou
le navire était en service et qui était démonté et même coupé. Il
fallait voir les câbles d'antennes coupés, suintants un liquide
"anti-feu" et ceux qui sont en état et qui servent ou serviront
ultérieurement. Le maintien en état des installations encore
existantes, mais ayant déjà subi quelques nuisances telles que
câbles coupés d'ou des difficultés à retrouver les liaisons PC vers
les antennes et la mise en oeuvre des futurs matériels
éventuellement cédés par la Marine nécessite un travail persévérant.
LES TÉLÉCOMMUNICATIONS:
Un bâtiment amiral comprend l'équipement nécessaire à ses activités
propres plus les équipements indispensables au commandement d'une
flotte. L'installation radio comprend donc les liaisons et moyens
nécessaires à un grand bâtiment, plus des moyens de liaisons et
d'écoutes supplémentaires.
Le PC-TRANSMISSION du CLM COLBERT est installé en dessous des
passerelles de l'Amiral et à côté de la salle des radars. C'est une
parfaite cage de faraday, il n'y a aucun hublot ni ouverture. Une
face entière est tapissée du bonheur de l'écouteur avec pas moins de
dix récepteurs VLF, LF et HF THOMSON-CSF, d'un récepteur panoramique
TELEFUNKEN et de plusieurs décodeurs radiotélétypes.
Pour un amateur de chasse à la station, il y a là de quoi occuper
les jours et les nuits.
Les récepteurs décamétriques sont actuellement fonctionnels.
Ces matériels sont d'une conception modulaire, ce qui en facilite la
maintenance. Ils ont une couverture de 1,5 à 30 MHz et ont conservé
de remarquables performances de stabilité, sensibilité et de
sélectivité. La technologie utilisée comporte des composants
discrets ainsi que des circuits intégrés TTL. Ils sont composés de
trois tiroirs:
1 synthétiseur au pas de 100 Hz.
1 récepteur à accord automatique.
1 présélecteur.
Toutefois, il faut signaler que ces équipements radio étaient
pilotés par une horloge au césium à haute stabilité de l'ordre de 10
- qui délivrait une source de 4 MHz pour tous les systèmes de
communication de façon qu'ils aient une compatibilité parfaite avec
les autres systèmes de liaison radio.
Grâce à THOMSON-CSF de Cholet, des modules pilotes autonomes
thermostatés ont été gracieusement fournis ce qui permet de remettre
en service plusieurs de ces récepteurs. Ces récepteurs sont couplés
à des convertisseurs télégraphiques THOMSON-CSF de type RMBT3A. Il
faut rappeler que la plupart des émetteurs HF étaient répartis à
l'avant, l'arrière, sur les hauts, etc... du bâtiment, ils étaient
télécommandés depuis le PC TELEC. La plupart des installations
techniques sont actuellement visibles par le public. De nombreuses
manifestations sont organisées à bord.
Un petit réduit, situé entre la salle principale et le minuscule
cabinet du "crypto centre" "INTERDIT D'ENTRER" recèle un récepteur
VLF ainsi qu'un décodeur radio télétype.
Ces ensembles de réception sont reliés aux antennes diverses par un
réseau de câbles coaxiaux. Le navire est équipé d'un câblage
permettant la retransmission des réceptions vers d'autres lieux
névralgiques ou de commandement du bâtiment.
D'autres installations, comme les émetteurs décamétriques ou les
émetteurs-récepteurs des radars ont trouvé leurs places dans
d'autres parties du navire.
Certains de ces appareils ont été remis en service sur d'autres
bâtiments de la Marine.
Parmi les équipements du PC TELEC, il faut citer la série des
récepteurs HF THOMSON-CSF type RRBM 4 et 5. Ces récepteurs sont
d'une technologie de 1972 et ils ont été fabriqués par l'usine
THOMSON-CSF de Cholet.
Le PC TELEC a déjà accueilli par deux fois l'U.E.F. venue y assurer
une présentation de nos activités qui a obtenu un réel succès. Des
démonstrations de réception avec décodage CW, RTTY, packet et FAX.
Le public a été très intéressé et a pu profiter des informations sur
le radioamateurisme.
Le PC TELEC est pratiquement remis sous tension et les systèmes de
commutation lignes fonctionnent ce qui a permis de réinstaller les
terminaux qui étaient des téléimprimeurs SAGEM type SPE5 ou TX20
comme cela était à l'origine pour les liaisons TRAM.
Un musée des radiocommunications maritimes est présenté dans le
local "émission des Hauts". Déjà, des équipements dont certains
équipaient le "CLM COLBERT" à l'origine comme le système de
radionavigation DECCA, NAVSTAR et les VHF CSF sont présentés.
En ce qui concerne les radars une collection de tubes spéciaux:
Klystrons, Magnétrons sont en cours de constitution avec leur
historique.
- AUTRES INSTALLATIONS RADIOÉLECTRIQUES:
Un bâtiment comme le COLBERT, conçu, pensé, construit pour faire la
guerre était équipé d'une redondance d'appareillage électronique de
toutes spécialités. La guerre électronique moderne nécessite de voir
sans être vu, d'entendre sans être entendu et de mettre hors d'état
de nuire sans être soit même avarié. L'ennui c'est que le système
similaire ennemi souhaite faire exactement la même chose, mais à son
avantage. Pour tenter de réussir dans cette technique de tour de
vache, un bâtiment militaire de l'importance du COLBERT réunit une
succession d'équipement permettant de connaître le plus précisément
possible la zone ou il navigue, la position des amis et ennemis. Ce
qu'ils font tout en camouflant ses propres activités.
Les contrôles de tous ces systèmes sont réunis dans une salle
appelée: Central Opérations (CO).
Le CO (Centre Opérations) est installé juste derrière la passerelle.
Il a été récemment rééquipé. Au moment de la démilitarisation du
navire, la Marine nationale a retiré et récupéré certains matériels
dont le caractère secret est incompatible avec une présentation au
public. C'est certainement là, un des lieux ou est mis en oeuvre les
techniques les plus pointues et les plus secrètes d'un bâtiment de
guerre.
En voici quelques-unes:
- Le SENIT (Système d'Exploitation Navale des Informations
Tactiques): ce système est une application de l'informatique à la
guerre sur mer. Gestion automatisée de la situation autour du
COLBERT. Des calculateurs reçoivent des informations de nombreuses
sources (radars, vigie, navires-amis, patrouille maritime, etc...,
par des liaisons filaires et par radio. Ces informations sont
dirigées, analysées par des systèmes et des spécialistes qui donnent
une situation tactique constamment mise à jour, sur des tables
traçantes et des consoles de visualisation. Ces résultats sont
redirigés vers les commandes des systèmes d'armes qui peuvent être
déclenchées automatiquement: - canon 100 mm - MASURCA - EXOCET -
SYLEX.
- Le SYRACUSE est un système qui permet des liaisons directes par
satellites par l'intermédiaire de paraboles asservies directement au
sommet du navire.
- Les radars:
DRBV50 de vieille surface et air à basse altitude EN BANDE G et H.
DRBV23C de veille air. Trois émetteurs distincts, fréquences
aléatoires, bande D.
DRBV20C de veille-air, me trique en bande A.
DRBI10E d'altimétrie, tridimensionnel en bande E/F.
DRBV22A veille et missions aériennes en bande D.
DECCA 1226 de navigation.
Les radars pour la mise en oeuvre du Masurca:
DRBC51B et de l'artillerie: DRBC32C et DRBC31C.
* GUERRE ÉLECTRONIQUE:
IFF/SIF (Interrogation Friends and Foë) système lié au radar qui
identifie les amis à l'aide d'une "balise" idoine.
TACAN (TACtical Air Navigation) balise radioélectrique donnant la
position du COLBERT.
- Les détecteurs de radars:
ARBR12 RACAL pour l'interception HF (excuser les noms barbares, tout
le monde ne peut pas s'appeler Daniel, hi).
ARBR11B Telegon pour la goniométrie HF.
Astro pour l'interception VHF et UHF (le bonheur de l'écouteur).
ARBR15 intercepteur et radiogoniométrie de télécommunication de
radar UHF et VHF.
ARBR10F intercepteur panoramique avec analyse des émissions radar
bandes E à J.
ARBB30, 31, 32 pour intercepter les radars en bande I et le
brouillage.
A l'arrière se trouve le radar métrique qui fonctionne dans la gamme
VHF 150 à 170 MHz. Cet ensemble d'origine SADIR-CARPENTIER est le
dernier radar de ce type qui équipait les bâtiments de la Marine
nationale.
La remise en état des diverses installations est toujours en cours.
L'ouvrage ne manque pas, mais tout ne peut pas être entrepris en
même temps.
* LES RADIOAMATEURS A BORD:
Le Croiseur COLBERT avait jusqu'à son désarmement en 1991 et au
cours de sa vie active l'indicatif "FAUC".
Depuis l'inauguration du COLBERT à Bordeaux en 1993, le PC TELEC est
activé dans le cadre du "Réseau des Émetteurs Français" par des
radioamateurs sous leur propre indicatif ou pour certaines
manifestations, l'indicatif 'TM6COL" a été accordé à titre
exceptionnel.
Depuis mars 1996, un nouvel indicatif "F6KOL" est attribué à titre
permanent. Une trentaine de radioamateurs sont déjà venus opérer le
PC TELEC.
Quelque 2000 liaisons radio ont été effectuées avec plus d'une
centaine de pays. Les moyens de transmission sont les équipements
personnels radioamateurs, seuls les aériens du bord sont utilisés
dans leur configuration d'origine.
Les modes de transmission pratiqués sont:
- la télégraphie (morse).
- la téléphonie.
- le radiotélex (RTTY).
- la transmission numérique (packet).
Les fréquences utilisées sont:
Bande 40 m: CW 7,020 MHz phonie 7,080 MHz
Bande 20 m: CW 14,020 MHz phonie 14,120 MHz
Bande 2 m: relais R5 145,725 Mhz Bordeaux et 145,700 MHz Pierre
Saint-Martin.
Le PC TELEC du COLBERT est en principe activé tous les samedis.
N'hésitez pas à faire un détour. Le navire mérite plusieurs visites.
Si vous avez de la chance, au PC-Telec vous pouvez y rencontrer un
OM passionné. F5JEO a rendu possible, l'impossible.
* 24/10/2014 En octobre 2015, la coque de
l’ex-Colbert reviendra à Bordeaux. Son démantèlement
fait partie du même contrat que celi de la "Jeanne". Il s'élève à
11,5 millions d’euros, signé, en juin, par la Marine nationale avec
les deux filiales de Veolia.
Ainsi disparaîtront deux bâtiments témoins d'une époque révolue.
Aux U.S.A. un exemplaire d'anciens bâtiments mythiques est conservé
à la fin de leurs services. Leurs financements sont assurés par les
revenus des commerces entretenus à bord.
Nous aurions pu faire la même chose chez nous.
L'aventure du C.L.M. Colbert est à cet égard une bien triste leçon.
L'Union des Écouteurs Français avec ses petits moyens et grâce à
l'Amitié du regretté F5JEO (Gilbert Aran) y a participé. Nous avions
ambitionné de faire plus. Les évènements ne l'ont
pas permis.
Gilbert fut un exemple de passion et de désintéressement. Ce ne fut
pas le cas partout. Le musée en est mort.
* Pourquoi le Colbert est dans cette
situation ?
Le projet pour faire venir le croiseur Colbert comme bâtiment musée
à Bordeaux, a été mené par des hommes très motivés, pour la
conservation de notre patrimoine maritime. Une association composée
d’hommes et de femmes, des officiers supérieurs en activités de la
Marine Nationale et le maire de Bordeaux, le Président Jacques
Chaban Delmas ont fait aboutir ce lourd projet.
Pour pouvoir exploiter le Colbert dans les meilleures conditions
possibles, la Marine Nationale a obligé l’association des amis du
croiseur Colbert - concessionnaire du Colbert - de faire un traité
de sous-concession à une société privée qui en assurera
l’exploitation.
Ce sera la SMVP, valorisation et animation du patrimoine culturel,
filiale du groupe ACCORD. Ce sous-concessionnaire (SMVP) sera en
activité jusqu’au 1er juillet 1998 où elle dénoncera le traité de
sous-concession le 13 mai 1998 dans les conditions prévues à
l’article 11-2 de la concession (résultat déficitaire pendant deux
ans ?).
Pour éviter que le bâtiment musée ne ferme, l’Association des Amis
du croiseur Colbert se déclare prête à continuer son exploitation.
Le principe est accepté par le chef d’état major de la Marine
Nationale et la mairie de Bordeaux. Mais suite à cet accord, le
Président des Amis du croiseur Colbert, le capitaine de frégate
Gérard Faugère ®, crée aussitôt une S.A.R.L. dont il en prendra la
direction en se nommant "gérant conservateur". Ce sera le début
d’une lente descente, par son inexpérience des contacts avec le
public et les collectivités territoriales, mais énormément soutenu
par la Marine Nationale locale et l’état major.
Avec l’arrivée de Juppé à la mairie de Bordeaux, les premières
années se sont très bien passées, mais ensuite, le gérant Gérard
Faugère voulant participer à la vie politique sur la liste du maire
a reçu une fin de non recevoir. Il est devenu très agressif envers
Juppé et ce dernier a commencé à prendre le Colbert en grippe. A
partir de 1999, l’association a demandé à la mairie qu’un parking
soit attribué spécialement pour les visiteurs venant avec leur
voiture mais également pour les cars qui avaient des difficultés de
stationnement pendant que leurs passagers faisaient la visite du
Colbert. Nous n’avons jamais était entendu et le petit parking qui a
existé servait plus aux résidents des Chartrons, ce qui faisait,
qu’aux heures des visites du Colbert, il était toujours plein.
Ajoutons à cela les travaux liés au tramway, il était parfois
impossible de rouler ou même d’accéder dans une zone proche du
Colbert.
Le bouquet pour l’exploitation du Colbert s’est produit le 07
juillet 2005 où des grilles pour raison de travaux, l’avaient
complètement isolé de la voix de circulation, donc pas d’accès du
public. Même le personnel du bord ne pouvait pas embarquer sans
prendre des risques au milieu des ouvriers du chantier. Nous avons
été obligé de faire venir un huissier de justice pour constater les
faits et établir un document avec photos pour dénoncer cette méthode
de la part de la CUB et de la mairie de Bordeaux. Suite à ce constat
d’huissier, le maire Hugues Martin a demandé de créer un petit
couloir pour accéder à bord. Bien sûr à l’entrée de ce couloir,
aucun panneau pour diriger les quelques phénomènes visiteurs voulant
accèdes à bord. Un fait exprès, les voies sur berge étaient
également en travaux et seul ce petit couloir permettait l’accès à
bord à une période clé de la saison. Les mois de juillet et d’août
sont des mois importants par le nombre de visiteurs. Il n’est pas
rare de dépasser les 20000 visiteurs pour cette période. Sachant que
de nombreux touristes fréquentent nos plages de l’océan, les jours
où le temps est pluvieux, gris ou venteux, nombreux sont ceux qui
prennent la route vers Bordeaux pour visiter la ville et certains
musées. Tous touristes normaux qui se trouvent au sec dans sa
voiture avec ses enfants où de la famille, ne va pas faire un
kilomètre sous la pluie pour faire plaisir au conservateur de
n’importe quel musée. On considère que le Colbert musée perd entre
15000 et 20000 visiteurs par an à cause de ce problème de parking.
Bien entendu cette situation est bien maitrisée par la marie qui
voit la situation financière se dégrader et le bâtiment agoniser par
un manque d’entretien évident. Méthode très perverses car elle ne
donne droit à aucune subvention de la part de la CUB pour perte
importante des rentrées d’argent. Pendant ce temps, les factures
pour les assurances (26000 euros/an), les droits de quai (10000
Euros/an), l’électricité, les travaux de maintenance courant et les
salaires du personnel sont toujours les mêmes. Pour arriver à faire
face, le personnel est à l’extrême limite pour la sécurité des
visiteurs.
L’association a fait de nombreux courrier au chef d’état major de
la Marine Nationale pour dénoncer les méthodes de la mairie qui ne
permettent pas de mettre de l’argent dans l’entretien du Colbert.
Nous n’avons jamais eu de réponse de leur part. Seule une petite
commission est venue eu 2004 faire un inventaire de l’état du
bâtiment à la suite d’un rapport technique effectué par l’asso et
soulevant certaines carences au niveau des étanchéités de certains
ponts. Une promesse de travaux, chiffrée à 50000 Euros n’ont jamais
étaient effectués
Depuis juin 2006, le maire par intérim, Hugues Martin, balance à
tous les médias qu’il veut que le Colbert quitte les Quai de
Bordeaux car son état n’est pas en harmonie avec les projets des
quais et des bâtiments XVIIIème des Chartrons. Derrière, celui qui
tire les ficelles, même pendant sa période au Québec, n’est autre
que Juppé.
Son retour à Bordeaux en juillet 2006 à été l’occasion de dire à
tout le monde qu’il allait débarrasser Bordeaux de cette « verrues »
qui défigurait sa ville. Au mois d’août il demandait au conseil
municipal de Bordeaux de démissionner afin qu’il puisse faire des
élections et retrouver sa place de maire. Cela pour dix huit mois a
coûté aux contribuables bordelais la bagatelle de 0,5 million
d’Euros. Pour gagner des voix supplémentaires avec l’aide des écolos
et des anti-Colbert, il a réussi à faire annuler le traité de
concession par madame la Ministre des Armées. Impressionnant de voir
qu’étant qu’un simple citoyen, il peut agir comme si il était déjà
dans le fauteuil de maire. Il faut dire également qu’en se
débarrassant du Colbert, il fait partir l’ombre de deux personnes
dont il n’atteindra jamais leurs chevilles dans la popularité
qu’étaient le Président Jacques Chaban Delmas et le Général de
Gaulle.
Le Colbert a fermé au début du mois d’octobre. Il attendra avec
patience dans l’enveloppe de son "âme positive" pour les honneurs
qu’il a rendus à la France, les bourreaux qui le mèneront vers son
destin final. Avec un peu de chance, le maire de Brest pourrait lui
prolonger sa vie à Brest et montrer qu’il peut être aimé ailleurs
qu’à Bordeaux.
En chassant le petit peuple de la façade des quais et en gommant
une grande partie de l’histoire des quais de la Garonne, Bordeaux
devient une ville insipide pour celui qui espère trouver de bons
petits coins sympas. En se promenant le long des berges de la
Garonne on regardera défiler les eaux boueuses en se souvenant que
naguère elle servait à faire remonter des milliers de bateaux qui
apportaient de la vie pour le travail qu’ils donnaient à la
population locale.
Par contre il est une chose que je dénonce, c’est le fait que la
mairie de Bordeaux dépense des milliers d’Euros chaque année pour
maintenir la base sous-marine en état pour quelques petites
manifestations et un nombre limité de visiteurs ne dépassant pas
3000 par an. Il vaut mieux sauver un symbole affreux de notre
défaite et de l’occupation ennemi que de sauver notre patrimoine
maritime avec toutes les richesses historiques et téchnonologiques
qu’il renferme.
De plus des milliers de marins, sous-officiers et officiers qui ont
servi et représenté notre pays à l’étranger en prennent plein la
gueule par le vocabulaire employé pour le désigner.
Adrien Etcheverry,
Ancien de 1964 et Trésorier des Amis du Croiseur Colbert.